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Hausse des primes de compensation des risques en Suisse : quelles conséquences pour les travailleurs frontaliers dès 2028 ?

Avril 2026

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5 min

Le Conseil fédéral suisse révise l'Ordonnance sur la compensation des risques (OCoR), prévoyant son entrée en vigueur au 1er janvier 2028. Cette réforme majeure intègre les travailleurs frontaliers affiliés à la LAMal dans le mécanisme de compensation, un dispositif dont ils étaient jusqu’à présent exclus. En conséquence, une hausse significative des primes d’assurance maladie est attendue pour les frontaliers, avec des estimations potentielles d'augmentation entre 60 % et 65 %. Ce changement structurel nécessite une anticipation de la part des travailleurs frontaliers, notamment ceux qui exercent leur droit d'option.

Le système d’assurance maladie suisse s’apprête à évoluer. Le Conseil fédéral suisse prévoit en effet une révision de l’Ordonnance sur la compensation des risques* (OCoR) dans le cadre de la réforme du financement du système de santé. Cette modification, actuellement en cours de finalisation après consultation publique en septembre 2025, doit entrer en vigueur le 1er janvier 2028. Elle entraînera une hausse significative des primes d’assurance maladie pour les travailleurs frontaliers affiliés à la LAMal.

Un changement structurel dans le système de solidarité entre assureurs

La compensation des risques est un mécanisme central du système suisse d’assurance-maladie. Jusqu’à présent, les personnes assurées en Suisse mais domiciliées à l’étranger, telles que les travailleurs frontaliers français, n’étaient pas intégrées à ce dispositif. La révision de l’ordonnance prévoit précisément de corriger cette situation. À partir de 2028, au nom d’une forme d’équité, les frontaliers affiliés à la LAMal seront inclus dans la compensation des risques, ce qui signifie que leurs données seront intégrées dans le calcul national utilisé pour équilibrer les coûts entre les caisses maladie. 

“Les primes de compensations sont supportées par les Suisses actuellement. La réforme a pour but d’étendre le coût des primes d’assurance maladie aux frontaliers. La Suisse procède à une sorte de rééquilibrage qui va se traduire en 2028 par une augmentation des primes d’assurance maladie pour les travailleurs frontaliers”, prévient Sandrine Maupas, responsable animation commerciale à La Frontalière. 

Jusqu’à cette date, la situation restera stable pour les personnes concernées puisque les primes n’ont pas augmenté en 2026. Néanmoins, cette perspective de hausse risque de faire grincer des dents dans les rangs des frontaliers. Pour cette raison, La Frontalière a entrepris un travail pédagogique auprès de ses adhérents pour leur expliquer le contexte dans lequel cette augmentation est décidée, et les informer sur les conséquences auxquelles ils doivent s’attendre. “Pour l’instant, tout reste encore à préciser, car nous ne connaissons pas encore le niveau de l’augmentation. Par ailleurs, elle ne se répercutera pas de la même manière sur tous les frontaliers. Notre rôle est d’effectuer un travail de conseil auprès de nos adhérents et d’être le plus précis possible”, ajoute-t-elle.

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Selon les autorités sanitaires suisses, les frontaliers présentent en moyenne un profil de risque plus favorable que les assurés résidant en Suisse. Ils sont souvent plus jeunes et utilisent moins le système de santé helvétique, notamment parce qu’ils peuvent se faire soigner en France grâce au formulaire S1. Dans le mécanisme de compensation des risques, les assureurs qui couvrent une population relativement jeune et en bonne santé doivent verser une contribution financière aux caisses dont les assurés sont plus âgés ou plus coûteux. L’intégration des frontaliers dans ce système va donc conduire les assureurs à payer davantage au fonds de compensation, ce qui se traduira par une augmentation des primes qui leur sont appliquées.
Les estimations publiées dans plusieurs analyses évoquent une augmentation potentielle comprise entre 60 % et 65 % des primes LAMal pour les frontaliers, par rapport aux niveaux observés au début des années 2020. Cependant, le calcul de ces primes dépendra de plusieurs facteurs : la structure d’âge des assurés, les coûts médicaux réellement constatés et la stratégie tarifaire des assureurs.

À l’évidence, cette réforme va impacter le poids du budget santé dans le budget des frontaliers assurés à la LAMal. Mais elle va aussi rebattre les cartes du droit d’option pour les nouveaux frontaliers qui ont à faire le choix entre une affiliation à la LAMal en Suisse avec la perspective de la hausse des primes, et une affiliation à la CMU - STFS en France. La réflexion sera d’autant plus importante que le choix est irrévocable ! “Là encore, nous avons un devoir de conseil auprès de nos adhérents. Notre rôle est de faire le calcul précis, en tenant compte du salaire, de la famille, du choix de carrière, afin de voir le scénario le plus avantageux sur le plan financier”, insiste Sandrine Maupas.
Pour les travailleurs frontaliers, cette période constitue donc une phase d’anticipation : comprendre la réforme, comparer les systèmes d’assurance et intégrer cette évolution potentielle dans leur stratégie de couverture santé.

* La compensation des risques est un mécanisme qui redistribue les ressources entre assureurs afin de compenser les différences de profil de santé des assurés (âge, maladies, etc.), pour éviter que certains assureurs ne soient pénalisés parce qu’ils couvrent des personnes plus à risque.

Ce qu’il faut retenir de cette hausse

  • Inclusion des frontaliers dans la compensation des risques : jusqu’ici, ce mécanisme redistribuait les coûts entre assureurs en fonction du profil de risque… mais sans les assurés domiciliés hors de Suisse. À partir de 2028, les frontaliers seront comptabilisés, ce qui peut modifier l’équilibre des flux entre caisses.
  • Effets attendus : l’OFSP anticipe une tendance haussière des primes dans les cantons où la proportion de frontaliers est élevée (les frontaliers ayant, en moyenne, des profils “bons risques”).
  • 2026 : pas d’effet de la nouvelle compensation des risques sur les frontaliers ; stabilité relative.
  • 2028 : entrée en vigueur prévue de l’inclusion des frontaliers dans la compensation, avec effets redistributifs (tendance haussière côté frontaliers ; légères baisses possibles pour certains résidents suisses).
  • À partir de 2026 : les nouveaux frontaliers amenés à exercer leur droit d’option devront intégrer ces hausses significatives annoncées dans leur choix irrévocable entre l’assurance maladie LAMal et la CMU.